Les ravagé(e)s, de Louise Mey

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Des défilés de DRH adeptes du droit de cuissage à qui on accorde l’immunité, des freaks shows anatomiques récidivistes de 10 heures du matin, des beaux-pères tendancieux protégés comme devraient l’être les enfants, des larmes, des éclats de voix, des déclarations à digérer avec une citrate de bétaïne, des victimes suspectées d’être coupables et vice-versa… C’est la promenade de santé d’Alex. Alex est flic, mère célibataire et sobre, contrairement à ce qu’une analyse de ses déchets domestiques pourrait laisser croire. Elle officie aux crimes et délits sexuels d’un commissariat du nord de Paris. Épaulée par Marco, supervisée par le commissaire Blondeau, entourée d’une flopée de flics et de techniciens au teint bistre des mauvais cafés avalés à la chaîne et des lendemains de cuite, et bientôt filmée par un jeune loup soi-disant documentariste, on pourrait la croire blasée. Mais dans le flot régulier des plaintes pour harcèlement, viol et autres attentats à la pudeur, deux cas récents ont joué à créer des remous. Deux agressions et un refus net de porter plainte. Question d’honneur. À partir de là, difficile d’avancer sans encombre. Mais le caractère extraordinaire de l’événement mérite qu’on s’y penche. Peu importe le temps que ça prendra. Peu importent les moyens minables mis en œuvre, les systèmes de pensée déficients, les mauvaises habitudes.

 

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Comme très souvent maintenant, j’ai lu ce roman en Lecture Commune avec Marine et Maëva, une expérience qui nous permet de partager nos impressions en même temps.

C’est un roman que je voulais lire depuis sa sortie en grand format, j’ai attendu et ai profité de ma rencontre avec l’auteure pour lui prendre en poche. C’est une auteure très gentille, qui nous a prévenu que son roman n’était pas pour tout le monde.

Et effectivement ! Ce roman parle de crimes sexuels, dans la société que l’on connait aujourd’hui. Une société où les femmes sont considérées comme des objets par les hommes : on te siffle dans la rue parce que tu a une jupe, on te met la main au fesses, on te demande de coucher pour être augmenter, tu es « obligée » de coucher avec ton mari. Tous les jours des femmes se font violer ou tuer juste parce que ce sont des femmes. Nous vivons dans une société machiste (jusque dans les lois), et l’auteure à travers son intrigue a réussi à nous le montrer. Un petit côté féministe qui m’a vraiment plu.

Ici, son équipe enquête sur un viol, mais ce n’est pas une femme la victime, c’est un homme. Un homme hétérosexuel(ce qui défit toutes statistiques), qui est à même de se défendre car il sait se battre (muscu, boxe…). Ce qui m’a frappé, c’est qu’on soit justement choqué qu’un homme se soit fait violer. Les femmes se font violer tous les jours, mais ça a l’air « moins grave » parce qu’habituel.

Alex et Marco, qui enquêtent sur cette agression ont beaucoup de difficultés à trouver des indices, surtout que les hommes ne portent pas plaintes ou refusent d’admettre ce qu’ils ont subit, c’est donc encore plus difficile d’enquêter sur quelque chose de non reconnu. Un duo qui fonctionne très bien : un réelle amitié les relient. On apprend à les connaître au fur et à mesure du roman, et malgré certains points dérangeant dans le comportement d’Alex, je me suis attachée à ces deux personnages. Mais les autres personnages de l’équipe ne sont pas en reste, chacun a son petit quelque chose qui fait qu’on les aime bien. Leur métier est difficile, et violent mais ils se tiennent les coudes.

La plume de l’auteure est réaliste et dure à certains moments, mais sans blabla et chichis, elle nous montre sans détour les atrocités que subissent les victimes. On a très peu de descriptions des lieux, on se concentre vraiment sur l’intrigue, sur l’enquête. Même les personnages, on apprend à les connaître au fur et à mesure. C’est quelque chose que j’apprécie énormément.

L’intrigue se dénoue peut-être un peu vite, et quelques questions restent en suspens, mais malgré cela c’est un roman que j’ai adoré et que je conseille pour sa thématique difficile et son style réaliste.

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4 réflexions au sujet de « Les ravagé(e)s, de Louise Mey »

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